Réouverture des écoles : la maltraitance de nos ainé·e·s ça suffit!

Montréal, le 8 mai 2020

Depuis des décennies, les différents gouvernements ont organisé notre désarmement sanitaire et la dégradation de nos services publics, au nom d’une idéologie néolibérale qui a fait du déficit zéro et de l’austérité de nouveaux fétiches.

De ce fait, le manque de moyens et la pénurie de personnel se sont accentués d’année en année, jusqu’à la catastrophe dans nos CHLSD. Avant qu’ils ne meurent seuls et dans la terreur depuis 8 semaines, nos personnes ainées dépendantes étaient déjà victimes de maltraitance : un seul repas par jour, un bain par semaine, des heures passées dans leurs urines et leurs excréments, etc…

Et bien le gouvernement n’a toujours pas compris! Au contraire, il poursuit la politique cynique de maltraitance d’État vis-à-vis de personnes ainées, en visant cette fois celles qui travaillent en éducation.

Depuis le début de la crise, nos membres de plus de 60 ans nous appellent, en grande détresse psychologique. Elles ont peur pour elles-mêmes, mais aussi pour leurs conjoint·e·s, qui sont souvent des personnes vulnérables en raison de leur condition de santé. Et si ces personnes continuaient de travailler malgré leur âge, c’est parce qu’elles n’avaient bien souvent pas de retraite qui leur permettraient de vivre décemment.

Personnes à risque hier, elles sont devenues soudainement les nouvelles sacrifiées de l’économie, avec une désinvolture déconcertante. Le gouvernement va-t-il enfin prendre soin, comme du monde, de nos ainé·e·s? Le gouvernement va-t-il enfin estimer et protéger les métiers traditionnellement féminins?

Nous exigeons donc l’annulation immédiate du retour dans nos écoles des travailleuses et des travailleurs âgé·e·s de 60 à 69 ans. D’autant plus qu’il devait se réaliser parallèlement à une augmentation de notre capacité collective de dépistage, qui n’est toujours pas d’actualité.

Nous proposons que les écoles ré-ouvrent en fonction de leurs ressources humaines et en priorisant :

  • Les enfants du personnel du réseau de la santé et des services sociaux;
  • Les enfants du personnel des autres services essentiels;
  • Les enfants handicapés et en difficulté d’adaptation et d’apprentissage;
  • Les enfants des familles précaires;
  • Les autres enfants, selon le bon jugement des enseignant·e·s, dans le respect de leur autonomie professionnelle

 

Le Conseil régional FTQ Montréal métropolitain représente plus de 100 000 travailleurs et travailleuses affiliés à la FTQ dans la grande région du Montréal métropolitain.

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