Projet de loi 78

Artistes, intellectuel-les, syndicalistes : unis contre l’infâme loi spéciale

Aujourd’hui à 10 heures, 49 personnes, parmi quelque 1200 signataires d’une lettre contre l’infâme loi spéciale, prennent la rue pour se rendre au bureau du Premier ministre du Québec et chef du Parti libéral. Elles ont remis une lettre vibrante dénonçant haut et fort les affronts aux droits et libertés que constitue la loi 78. Cet événement spécial réunit des artistes, des intellectuel-les et des syndicalistes. (Si vous êtes sur la page d’accueil du Conseil, cliquez sur Suite, ci-dessous pour consulter les documents pdf)

Une action symbolique

Le chiffre 49 a été choisi parce qu’il s’agit de la limite imposée par la Loi pour tenir une manifestation sans déclarer son itinéraire à la police. Il représente aussi l’absurdité de s’en tenir à un compte précis de manifestantes et de manifestants, ce qui est l’une des moindres absurdités de la Loi.

Celle-ci laisse à l’arbitraire d’un policier de juger si une personne en a amené une autre à enfreindre la loi en portant un carré rouge ou en faisant lire un extrait de Victor Hugo. De plus, elle transforme les professeurs en agents de répression contre les étudiantes et les étudiants, car elle oblige les syndicats à être responsables du comportement de chacun de ses membres lors d’une manifestation qu’il aurait organisée, ou encore lors de leur prestation de travail sous peine d’amendes proprement destructrices (125 000 $ dollars par jour). On peut même être coupables par omission stipulent les articles 13 et 14!

Les artistes dénoncent particulièrement l’attaque faite à la liberté d’expression. Les intellectuel-les rejettent avec véhémence les atteintes à la liberté de conscience et l’instrumentalisation des enseignantes et des enseignants contre les étudiantes et les étudiants. Finalement, les syndicalistes s’opposent aux restrictions intolérables à la liberté d’association.

Parmi les personnes qui ont marché aujourd’hui, on retrouvait Sébastien Ricard, Batlam des Loco Locass, le syndicaliste Atim Léon, le philosophe Christian Nadeau, l’artiste Paule Baillargeon, l’essayiste Jacques Pelletier, l’écrivaine Denise Boucher et l’artiste Yann Perreau de même que le président du Conseil, Michel Ducharme et la secrétaire générale du Conseil, Danielle Casara.

Au nombre des signataires de la lettre, on compte le chanteur, poète et cinéaste Richard Desjardins, le célèbre sociologue Guy Rocher, le conteur Fred Pellerin, le cinéaste Hugo Latulippe, le metteur en scène Dominic Champagne, le chanteur Richard Séguin, l’actrice Sylvie Moreau, l’humoriste François Parenteau, le communicateur Jacques Languirand, et quantité de professeurs et de syndicalistes.

Toutes et tous vêtus de noir et portant le carré rouge, ils exigent l’abrogation immédiate de cette loi abusive, liberticide et totalitaire. Le noir symbolise notre démocratie endeuillée et, bien sûr, le carré rouge, la recherche de la justice sociale.

Partis de l’Agora de l’UQAM, lieu de parole, les artistes, les intellectuel-les et les syndicalistes se sont rendus au bureau du Premier ministre, lieu où cette parole s’éteint à cause d’une loi inique.

Contre l’infâme loi spéciale
Communiqué de presse – 21 juin 2012
Outrage à la démocratie
État de droit ou état de droite – Christian Nadeau