Manifestation du Conseil régional FTQ de Montréal devant le colloque du Conseil du patronat

Le président du Conseil régional FTQ du Montréal métropolitain, Michel Taylor

Le président du Conseil régional FTQ du Montréal métropolitain, Michel Taylor

Montréal, le 21 novembre 2003 – Vous trouverez ci-joint le texte de la déclaration lue ce matin par le président du Conseil régional FTQ du Montréal métropolitain, Michel Taylor, lors d’une manifestation à l’occasion d’un colloque du Conseil du patronat sur la sous-traitance et l’article 45 du Code du travail.

« Monsieur Taillon,

Vous disiez dans Le Devoir du 18 octobre dernier que la sous-traitance au Québec, il s’en faisait massivement. Ce n’est pas là le problème, disiez-vous, le problème c’est que cette sous-traitance coûte trop cher!

Nous n’acceptons pas, M. Taillon, que vous et vos semblables du patronat et de la haute finance tentent de nous ramener 40 ans en arrière en nous imposant des reculs dégradants de nos conditions de travail.

Nous n’acceptons pas qu’avec le projet de loi 31 écrit de votre propre main pour les Michel Audet, Michel Després et Jean Charest, vous vous attaquiez aux travailleurs les plus fragiles, non spécialisés, dans les services comme les cafétérias, les buanderies, les services connexes autant dans le privé que dans le public.

M. Taillon, vous ne ferez pas de nous de futures victimes des Aramarks de ce monde, comme le sont actuellement les travailleuses des cafétérias de Bombardier dont on a coupé, du jour au lendemain, les salaires de moitié en charcutant leur fonds de pension et leur régime d’assurance.

Avec la protection de l’article 45 avant que vous ne tentiez de mettre la hache dedans, ces travailleuses ont pu déclencher la grève pour protéger leurs conditions de travail. Avec votre version de 45 aujourd’hui, elles auraient dû prendre leur pilule et accepter n’importe quoi sans broncher!

Si vous croyez que la sous-traitance de cheap labour c’est de la musique à vos oreilles, M. Taillon, vous n’avez encore rien entendu!

Les travailleuses et les travailleurs ne vous lâcheront pas d’une semelle, M. Taillon, c’est un véritable battement de tambour qui va vous marteler dans les oreilles tant et aussi longtemps que vous n’aurez pas compris que la dignité des travailleurs ça se respecte, que des conditions de travail négociées et non volées, on ne touche pas à ça!

M. Taillon, ce ne sont pas des menaces que nous vous faisons aujourd’hui, ce sont des promesses que nous allons mettre en œuvre avec toutes les ressources et la solidarité dont nous sommes capables. »